Les joies de la grossesse

J’ai voulu allaiter, mais…

Pour Moustik, la question ne s’est même pas posée. Pas question d’allaiter. Je n’étais pas à l’aise avec cette idée. Je n’en avais pas du tout envie… Ne cherchons pas d’excuse et disons les choses telles qu’elles sont. Parce que non, malgré les pro allaitantes, je me moque de l’opinion des autres. Parce que oui, jusqu’à preuve du contraire, ce sont mes nichons et que j’en fais ce que je veux.

Pour Ptitdeuz, je voulais tirer mon lait.

Pour Ma2moiselle, je voulais allaiter les premières semaines et passer ensuite au tire lait. Finalement, rien ne s’est passé comme prévu. J’étais toute contente à l’idée d’allaiter. Pas que j’aime plus Ma2moiselle que Moustik, que je veuille le meilleur pour Ma2moiselle et pas pour Moustik… Juste que mon ressenti, ma vision des choses, de moi-même surtout, a évolué en 5 ans.

En plus, j’avais choisi une maternité qui prône l’allaitement. D’ailleurs sur leur site, vous pouvez lire ceci :

« A la clinique, nous avons choisi, en cohérence avec notre mission de prévention, d’encourager l’allaitement maternel et d’aider toutes celles qui le souhaitent à vivre harmonieusement ce choix.

Pour cela, le service maternité tient compte des dix recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé pour la protection et la promotion de l’allaitement maternel. Aussi progressivement, notre établissement se dote de compétences particulières, notamment dans la formation du personnel soignant dont certains membres disposent d’un certificat international de “consultante en lactation”. L’établissement est engagé dans la démarche “hôpital ami des bébés”.« 

De suite, tu te dis que c’est chouette. On va te guider, ça se passera super bien… Mets toi le doigt dans l’œil direct.

Dès sa sortie, Ma2moiselle a été mise à mon sein. Ce n’est pas trop agréable, mais ça va. L’équipe médicale m’explique que c’est normal. Je n’ai pas encore de lait, donc ça va tirer un peu au début. Mais que plus ma fille sera au sein, plus ça viendra. Il faut donc mettre Ma2moiselle au sein le plus souvent possible…

Installation en chambre. Je mets Ma2moiselle au sein dès que possible. Ce n’est pas très agréable, mais ça peut aller.

Non en fait non, ça ne va plus. Dès le lendemain, des douleurs horribles. Et là, je découvre qu’à chaque fois que Ma2moiselle tête, j’ai de grosses contractions. Lutain !!! Personne ne m’avait prévenue. Les femmes sont des garces. « Ah l’allaitement tu verras c’est merveilleux bla bla bla… » Merveilleux que dale. Je sonne une première fois pour demander si Ma2moiselle est bien installée, si je fais comme il faut… On me répond que oui, tout est parfait, plus je ferais, mieux ça ira. Les douleurs sont normales, et ça va passer. Elles me redisent de mettre Ma2moiselle au sein le plus possible, que si elle s’endort je dois lui chatouiller sous le pied pour la motiver à téter. Alors ok le sein, mais bordel, elle venait d’y passer 4 h non stop, qu’on me la remettait déjà. J’étais à la limite de disjoncter. Et on me dit que 4 h c’est normal ? Euh non. Je pisse quand, je mange quand, je dors quand. Oui dormir, ça, je pouvais dormir quand elle tête d’après elles. Mais non, ça fait trop mal. Je souffrais tellement que lorsque Ma2moiselle approchait sa bouche de mon sein, mon instinct me faisait reculer. Je m’agrippais à ce que je pouvais pour tirer dessus aussi fort que possible tellement ça faisait mal.

3me jour. L’horreur. Je sonne encore pour la mise au sein. C’est plus possible que ça fasse mal à ce point. La veille au soir, j’ai donné le sein en pleurant comme une conne. La sage femme me dit que c’est normal. La première fois c’est difficile, mais je fais ça bien, Ma2moiselle est bien installée… il faut que je persiste. Ok. Je me dis que je dois persister. Pas question d’abandonner. Lhom lui, il ne supporte pas de me voir pleurer en donnant le sein. Il ne comprend pas mon acharnement. J’ai voulu essayer, mais ça me fait trop mal, autant que j’arrête au lieu de me faire souffrir… Non, il ne comprend pas.

En début de matinée Ma2moiselle est emmenée pour sa séance de luminothérapie. On me prête un tire lait électrique. Je m’imagine que ce sera moins douloureux. Quand je vous dis que je suis naïve. Je souffre tellement des mamelons, que le tire lait n’arrange rien. Lorsque la sage femme passe, elle me donne une crème pour « soulager », parce que mes mamelons saignent.

Au retour de Ma2moiselle, on me la recolle au sein. Finalement, après des heures à souffrir, à pleurer avec Ma2moiselle au sein, à y réfléchir surtout, je sonne à nouveau et je fini par expliquer que je ne souhaite pas poursuivre l’allaitement. On me donne son premier biberon. Elle le prend très bien, même si elle cherche le sein une fois le biberon fini.

Dans la soirée, on m’apporte les 2 petits cachets pour stopper les montées de lait. Mais dans la nuit, je culpabilise toujours et je sonne à nouveau. Je regrette d’avoir voulu arrêter l’allaitement juste parce que je n’y arrive pas. J’essaye de me convaincre que la douleur serait passée avec le temps… La sage femme me sort la phrase habituelle « mieux vaut un biberon donné avec amour qu’un sein donné à contrecœur ». Et c’est là que c’est contradictoire. Parce que c’est le biberon que je donne à contrecœur. J’aurais tellement voulu réussir mon allaitement. Je suis déçue. J’ai mis des semaines à m’en remettre, à digérer la chose, à essayer de me déculpabiliser… Après ma sortie de la maternité, et malgré la prise des cachets, j’ai eu des montées de lait pendant un peu plus d’une semaine. Autant les contractions je supporte, autant ça… non !!

Autre chose de contradictoire. Entre la sage femme qui te dit qu’il faut les masser pour les stimuler et éviter l’engorgement. Celle qui te dit « surtout ni touchez pas parce que c’est un cercle vicieux. Plus vous les stimulez plus vous aurez de montée de lait ». Tu te demandes à quel moment tu t’en sortiras.

Aujourd’hui, quand je vois que Ma2moiselle fait plus de 4,120 kg, je me dis que finalement, le biberon lui réussit plutôt bien. Elle prend un peu plus de 200 grammes par semaine. Elle prend des biberons de 120 à 240 selon les moments, généralement 180. Finalement, d’après les pédiatres, elle a juste un gros appétit. C’est une gourmande.

Donc oui, j’ai raté mon allaitement. Malgré tout, j’ai tenté. 3 jours et demi ce n’est pas grand chose, mais c’est toujours ça. Non désormais, je ne regrette plus aucun de mes choix. Que ce soit d’allaiter ou d’arrêter.

Par contre, j’aurais bien aimé qu’on me dise avant, que oui, allaiter ça pouvait faire mal, ça pouvait être désagréable, ça pouvait faire souffrir…

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5 réflexions au sujet de « J’ai voulu allaiter, mais… »

  1. Oh la la surtout ne culpabilise pas, j’ai eu 3 enfants et comme toi pour la dernière j’avais prévu d’allaiter, même scénario et plus une préparation à l’accouchement orientée dans ce sens, j’étais fin prête, j’avais tout acheter même des tisanes, des coussinets et tout le toutim ! Bilan 4.7 kilos la minette : au bout d’une journée j’avais les mamelons en sang : j’ai dit donner moi un bib ! Mais je n’ai jamais culpabiliser, il y a des femmes qui aiment et font ça super bien mais moi non, et puis j’aime tout autant mon bébé ! Après elle a peut être été plus malade mais nous ne sommes pas des mères parfaites, ça n’existe pas et pourtant, tu es sa maman et c’est ce qui compte le plus ! ❤ Bon courage avec tes petits bouts et profite bien de chaque instant, tu es une super maman !

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    1. Merci Sandrine pour ce commentaire. J’étais tellement décidée, comme toi je m’étais préparée, équipée… du coup je pense que je suis tombée de haut en ne réussissant pas ce que tant de femmes font naturellement depuis la nuit des temps.

      Les mamelons en sang je connais. C’est d’ailleurs la sage femme qui m’avait dit que la petite prenait du lait et aussi du sang pendant qu’elle tétait et que du coup, j’allais devoir envisager de stopper l’allaitement si ça continuait. Je pense que l’équipe que l’on a face à soit joue aussi pour beaucoup. Personnellement, je ne me suis pas sentie spécialement conseillée.

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    1. Quand je vois toutes mes copines qui allaitent et qui disaient que c’était super, sans prise de tête… c’est sûr que quand ça se passe bien c’est facile. On ne parle pas souvent de quand ça se passe mal ou que ça ne va pas. Je le prends mieux maintenant, mais les premières semaines ont été difficiles. Surtout avec la petite qui faisait des coliques, qui régurgitait énormément… ça ajoutait à ma culpabilité de me dire que si j’avais allaité ça ne serait pas arrivé…

      Bon maintenant elle fait 4,5 kg à 2 mois et demi donc on ne va pas se plaindre. Elle vit bien le passage au biberon 🙂

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  2. Que j’ai de la peine de lire cela. J’ai eu 3 bébés (3 gros bébés) et n’avait aucune idée reçue sur l’allaitement. Je m’étais juste dit « a priori la nature nous a faites pour ça, je vais essayer et on verra bien ».
    Mes 3 allaitements se sont bien passés mais le démarrage n’est jamais facile. La montée de lait c’est très douloureux et ensuite il faut un certains temps pour « prendre le rythme ».
    Pour ma première il y avait une auxiliaire de puériculture antillaise absolument géniale. Super conseils, aide pour positionner le bébé, le stimuler, elle lui pinçait les cuisses en disant « allez chipie la galette ». ça m’a bcp aidé.
    Numero 2 (garçon) était plus gros et goulu. Ils voulaient lui donner des compléments et du coup c’était à la seringue pour qu’il ne s’habitue pas au bib. Je ne me rappelle plus trop bien parce qu’il avait une jaunisse carabinée et que j’étais plus focalisée là dessus que sur l’allaitement… en plus j’avais allaité la 1ere 9 mois donc j’étais à l’aise je savais qu’il fallait laisser le temps au temps.
    J’ai arrêté prématurément de l’allaiter (disons pas à un moment choisi) à 5 mois car j’ai fait une infection à un sein et j’ai du passer au mixte, et ensuite mon lait ne suffisait plus.
    Numéro énorme bébé de 5,5 kg et césarienne. j’ai douillé car en effet l’allaitement provoque des contractions et les contractions tirent sur les cicatrices. Très sure de moi après 2 allaitements mais si j’avais eu juste cette expérience pas sure du tout que j’aurais persévéré.
    Ce que je retiens : le bonheur que j’ai eu vraiment, pas parce qu’il faut ou que c’est ainsi, juste un plaisir. Mais oui c’est vrai ce n’est pas facile, ça ne marche pas en 2 jours et zoupla, et ça peut ne pas fonctionner.
    Pourquoi tes amies ne t’ont pas dit que c’était douloureux ? Parce qu’on oublie. On garde le meilleur, et on arrive à ne plus savoir. C’est comme la césarienne. J’ai douillé comme jamais et hurlé « comment les femmes qui ont une césarienne peuvent elles vouloir un 2eme enfant ? » Et puis l’enfant grandit, sourit, … et on oublie. pas complètement mais ça devient tellement accessoire par rapport au bonheur de voir notre enfant grandir.
    J’ai de la peine que tu aies eu si mal… que tu n’aies pas été mieux entourée, conseillée… as tu eu entre les mains le livre de Marie Thirion sur l’allaitement ?

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